C'est ce qu'il est ressorti d'une conférence de Pascal Salin sur "L'intervention de l'Etat peut-elle aider à la sortie de crise ?" organisée par le Parti libéral Démocrate et le député François Goulard.
Selon cet économiste ultralibéral, la crise économique que nous vivons actuellement est avant tout une crise de l'irresponsabilité :
- politique monétaire inflationniste
- insuffisance d'épargne
Il est vrai que le keynésianisme pousse sans arrêt les Etats à créer de la monnaie pour stimuler le pouvoir d'achat. Mais est-ce bien la seule façon de créer de la croissance ? Keynes ne serait-il pas quelque peu dépassé aujourd'hui ?
On a entendu récemment parlé de la théorie de la décroissance. Est-ce bien sérieux de parler de décroissance ? Comme le fait remarquer Pascal Salin, ne serait-il pas plus pertinent de prôner la déflation ? Cet économiste distingue 4 causes principales de la crise :
- une politique monétaire qui favorise l'inflation et le surinvestissement dans des projets qui ne sont pas toujours porteurs de croissance
- une politique du logement irresponsable
- une réglementation qui finit par déréguler…
- une mauvaise gouvernance des banques qui ne sont plus gérées par des capitalistes, mais par des salariés qui ne raisonnent qu'à court terme
Au sujet de la gouvernance, souvenons-nous d'un article de Jean-Marc Vittori, paru dans les Echos, "Karl Marx triomphe dans la finance", où l'auteur fait justement remarquer que les banquiers "sont devenus marxistes. Plus question de laisser le grand capital sucer le sang des travailleurs traders, qui risquent leur vie chaque jour dans la mine des salles de marché !". Cette tendance à exagérer la rémunération des traders peut en effet s'expliquer par le fait que les personnes qui fixent les rémunérations sont aussi salariés. Mais, alors, que font les actionnaires ?!
Pascal Salin rappelle également que les économies planifiées ont toujours reposé sur le crédit bancaire et que ces dernières n'ont jamais été des économies florissantes.
Ainsi, faut-il s'entêter à s'endetter ? Là est la vraie question.
En revanche, lorsque notre économiste ultra-libéral va jusqu'à dire que le capitalisme est moral, on lui conseille de lire "le capitalisme est-il moral" d'André Comte-Sponville.
Le capitalisme reste un système économique, qui est dépourvu de notions morales, contrairement au libéralisme qui est aussi une notion politique, et non pas qu'économique.